Les patients atteints de valvulopathie cardiaque doivent poursuivre leurs contrôles cardiologiques réguliers et respecter pleinement le protocole de traitement planifié par le médecin. Les symptômes tels qu’un essoufflement soudain, des palpitations, une douleur thoracique, un évanouissement ou un œdème des jambes doivent être surveillés attentivement et, en cas de signes de détérioration clinique, il faut consulter sans délai un établissement de santé.
Dans les valvulopathies cardiaques, l’utilisation des médicaments et le suivi clinique sont d’une importance critique pour prévenir les complications. Chez les patients recevant un traitement par warfarine, les taux d’INR doivent être contrôlés régulièrement et les ajustements de dose doivent être effectués par le médecin. Le non-respect du traitement peut augmenter le risque d’événements thromboemboliques.
Chez les patients atteints de valvulopathie cardiaque, l’organisation de l’alimentation et la planification de l’activité physique contribuent à réduire la charge cardiaque. Un régime pauvre en sodium, équilibré et favorable au cœur doit être privilégié, et le poids corporel idéal doit être maintenu. Le programme d’exercice doit être individualisé selon le degré de la maladie et les efforts intenses doivent être évités.
Chez les patients atteints de valvulopathie cardiaque, la protection contre les infections est importante pour réduire le risque d’endocardite infectieuse. Il faut prendre soin de la santé bucco-dentaire et informer les médecins de la valvulopathie existante avant les interventions invasives. En cas de fièvre, de fatigue et de palpitations inexpliquées, l’évaluation médicale ne doit pas être retardée.
Qu’est-ce qu’une valvulopathie cardiaque et pourquoi est-elle importante ?
Les valvulopathies cardiaques peuvent se développer à la suite d’un épaississement fibrotique, d’une calcification, d’une déformation structurelle ou de lésions dues à des infections des valves. Parmi les formes les plus fréquentes figurent la sténose aortique et l’insuffisance mitrale.
Lorsque la valvulopathie progresse, le muscle cardiaque (myocarde) travaille sous une charge accrue de pression ou de volume. Cette situation peut, avec le temps, préparer le terrain à une hypertrophie du ventricule gauche (épaississement du muscle cardiaque), à une dilatation des cavités cardiaques et finalement au développement d’une insuffisance cardiaque. Pour cette raison, la maladie n’est pas seulement un “problème de valve”, mais une affection qui concerne tout le système cardiovasculaire.
L’importance du contrôle cardiologique régulier
Dans les valvulopathies cardiaques, la fréquence du suivi varie selon le type et la sévérité de la maladie. Dans les valvulopathies légères, une échocardiographie annuelle (échographie cardiaque) peut être suffisante ; aux stades modérés et avancés, un suivi plus fréquent peut être nécessaire.
L’échocardiographie est la méthode d’imagerie de base qui évalue l’ouverture de la valve, la quantité de reflux et la fonction du muscle cardiaque. Si nécessaire, l’échocardiographie transœsophagienne (ETO) et l’IRM cardiaque peuvent être utilisées.
Grâce au suivi régulier :
- La vitesse de progression de la valvulopathie est surveillée.
- Les signes d’insuffisance cardiaque sont détectés précocement.
- Le moment du traitement chirurgical ou interventionnel est planifié correctement.
Il ne faut pas oublier que les intervalles de suivi sont déterminés de manière individuelle.
À quoi faut-il faire attention dans la vie quotidienne ?
Activité physique
L’activité physique est généralement bénéfique pour la santé cardiaque. Cependant, en présence d’une sténose valvulaire sévère ou d’une insuffisance importante, les exercices intenses peuvent présenter un risque.
Des activités aérobies légères à modérées, comme la marche, peuvent être recommandées chez la plupart des patients ; toutefois, si des symptômes tels que :
- Douleur thoracique à l’effort,
- Essoufflement,
- Sensation de vertige ou d’évanouissement
apparaissent, l’exercice doit être interrompu et une évaluation cardiologique doit être réalisée.
En particulier dans la sténose aortique avancée, l’exercice intense non contrôlé peut augmenter le risque d’événement cardiaque soudain.
Équilibre du sel et des liquides
Si une insuffisance cardiaque accompagne la valvulopathie cardiaque, la restriction en sodium (sel) devient importante. Une consommation excessive de sel peut entraîner une rétention de liquide dans l’organisme (œdème) et une augmentation de la charge du cœur.
Selon l’état du patient :
- L’apport quotidien en sel peut être limité.
- Si nécessaire, une restriction hydrique peut être recommandée.
Ces ajustements doivent impérativement être effectués sous contrôle médical.
Protection contre les infections
Chez les patients atteints de valvulopathie, le risque d’endocardite infectieuse peut être plus élevé que chez les personnes en bonne santé. L’endocardite infectieuse est une infection microbienne des valves cardiaques et peut entraîner de graves complications.
Pour cette raison :
- Il faut prendre soin de l’hygiène bucco-dentaire.
- Les maladies des gencives doivent être traitées.
- Chez les patients à haut risque, une prophylaxie antibiotique peut être nécessaire avant certaines procédures dentaires (cette décision est prise par le médecin).
En cas de fièvre prolongée, de fatigue ou de perte de poids inexpliquée, il faut consulter un médecin sans perdre de temps.
Utilisation d’anticoagulants (fluidifiants sanguins)
Certains patients atteints de valvulopathie, en particulier les personnes porteuses d’une prothèse valvulaire mécanique, peuvent utiliser un traitement anticoagulant à vie. Ces médicaments visent à prévenir la formation de thrombus (caillot) sur la valve en réduisant la coagulation du sang.
Les points auxquels ces patients doivent faire attention sont :
- Le contrôle régulier des taux d’INR,
- Ne pas modifier la dose du médicament en dehors des recommandations du médecin,
- La surveillance des signes de saignement (saignement des gencives, sang dans les urines, ecchymoses).
Les produits à base de plantes et certains médicaments peuvent interagir avec les anticoagulants ; c’est pourquoi il faut impérativement consulter un médecin avant de commencer un nouveau médicament.
Patientes planifiant une grossesse
Chez les femmes atteintes de valvulopathie, la grossesse peut augmenter la charge cardiaque. En particulier en présence d’une sténose valvulaire avancée ou d’une valve mécanique, la grossesse peut être à haut risque.
Pour cette raison, chez les patientes qui planifient une grossesse, il peut être nécessaire :
- D’être évaluées conjointement par un cardiologue et un gynécologue-obstétricien,
- De planifier une intervention avant la grossesse si nécessaire,
- De réorganiser le traitement anticoagulant pendant la grossesse
La grossesse doit être gérée selon une analyse individuelle des risques.
Quels symptômes nécessitent une évaluation urgente ?
Chez les patients atteints de valvulopathie cardiaque, les situations suivantes nécessitent une évaluation médicale sans délai :
- Essoufflement sévère d’apparition soudaine
- Douleur thoracique
- Évanouissement (syncope)
- Gonflement soudain des jambes
- Palpitations et battements cardiaques irréguliers
Ces symptômes peuvent être le signe d’une insuffisance cardiaque, d’un trouble du rythme (arythmie) ou d’un changement soudain de la fonction valvulaire.
Processus de traitement chirurgical et interventionnel
Dans les valvulopathies, le traitement est planifié selon le degré de la maladie et les symptômes. Chez certains patients, un simple suivi suffit, tandis que dans les cas avancés, une réparation chirurgicale de la valve ou un remplacement valvulaire (valve prothétique) peut être nécessaire.
Aujourd’hui, chez certains patients sélectionnés :
- Implantation valvulaire aortique par cathéter (TAVI)
- Interventions percutanées comme le MitraClip
peuvent être réalisées comme alternatives à la chirurgie. Toutefois, la méthode appropriée est déterminée à la suite d’une évaluation cardiologique détaillée.
Un bon timing est d’une importance critique pour pouvoir intervenir avant le développement d’une lésion du muscle cardiaque.
Dimension psychologique et sociale
De nombreux patients diagnostiqués avec une valvulopathie cardiaque peuvent ressentir des inquiétudes telles que “faudra-t-il une opération ?” ou “ma vie sera-t-elle limitée ?”. Ce processus émotionnel est tout à fait naturel.
Un suivi médical régulier, l’obtention d’informations transparentes sur le stade de la maladie et, si nécessaire, un soutien psychologique peuvent influencer positivement la qualité de vie. La plupart des patients peuvent poursuivre leur vie quotidienne avec un suivi et un traitement appropriés ; cependant, il ne faut pas oublier que chaque situation est spécifique.-

Prof. Dr. Kadriye Orta Kılıçkesmez est l’une des figures de proue du domaine de la cardiologie en Turquie. Elle est née le 24 janvier 1974 à Tekirdağ. Après avoir terminé ses études de licence à la Faculté de Médecine Cerrahpaşa de l’Université d’Istanbul, elle a choisi la cardiologie comme spécialité et a suivi sa formation de spécialisation à l’Institut de Cardiologie de la même université. En 2015, elle a été mandatée par l’université pour fonder la clinique de cardiologie de Şişli Etfal ainsi que le laboratoire d’angiographie. Devenue professeure en 2017, Kadriye Kılıçkesmez a fondé en 2020 la clinique de cardiologie et le laboratoire d’angiographie de l’Hôpital Prof. Dr. Cemil Taşçı et a assuré que la clinique devienne une clinique de formation.
